Les matières
Le choix des matières : tout commence par le tissu.
Pas n'importe lequel. La double gaze de coton biologique, un tissage ancien, à double épaisseur, incroyablement léger et doux contre la peau. Respirant. Vivant. Un tissu qui semble avoir été fait pour être porté près du corps pendant la prière.
Selon certains historiens, la gaze tirerait son nom de Gaza, ville antique réputée pour ses tissus d'une finesse rare, un tissu né, dit-on, aux portes de la Terre Sainte.
Le coton se tisse aussi en voile, aérien, presque transparent, et en étamine, la trame légère de nos châles. Une même fibre, mille façons d'envelopper.
Le coton appartient à la famille des fibres de cellulose, la matière même des plantes. Le lin en fait partie, le lyocell aussi, une fibre née de la pulpe de bois, produite en circuit fermé, sans pétrole. Il rejoindra bientôt nos collections.
Dans la Bible hébraïque, le livre du Lévitique raconte qu'une fois par an, le jour de Kippour, le Grand Prêtre entrait dans le Saint des Saints, le cœur du Temple de Jérusalem, vêtu de lin blanc. Le lin est l'horizon de Qadeesha.
La vibration des matières. Tout vibre, et chaque fibre vibre à sa manière. Nous croyons que les fibres naturelles, vivantes, accompagnent celle qui prie et l'aident à s'élever, et que les matières issues du pétrole peuvent, à l'inverse, l'alourdir. La science ne l'a pas encore établi. C'est ce que nous ressentons, et c'est le choix que nous avons fait.
Jusqu'au dernier point. Nos robes sont cousues au fil de coton fabriqué en France, et le seront au fil de lin pour les robes en lin à venir. Coton avec coton. Lin avec lin. Pas d'élastique. Pas de bouton en plastique : nos boutons sont en bois ou en coquillage, cousus eux aussi au fil de coton. C'est une exigence rare : dans le commerce, même les vêtements dits « naturels » sont presque toujours cousus au fil synthétique.
Pour cette raison, Qadeesha ne proposera jamais de matières synthétiques, issues du pétrole. Pas par dogme, par cohérence. Ce que tu portes doit te porter. Pas te drainer.
Une robe de prière est faite pour durer. Chacune bénéficie de notre garantie couture de 3 ans : une couture qui lâche se répare.
Ce qui vient de la terre y retourne. Le coton naît d'une plante, le lin aussi, le lyocell du bois. Ces fibres se décomposent : les micro-organismes de la terre et de l'eau les digèrent, comme une épluchure, et elles redeviennent terre.
Dans la terre, une étude de 2019 a enterré différents tissus pendant quatre mois. Le coton avait perdu 89 % de son poids, le lyocell 59 %. Le polyester, à peine 1 %.
Dans la mer, des chercheurs de l'institut océanographique Scripps ont immergé des tissus pendant plus d'un an. Les fibres de cellulose disparaissaient en un mois environ. Le polyester n'avait montré aucun signe de dégradation après plus d'un an.
Car le polyester ne se décompose pas : les micro-organismes ne savent pas le digérer. Il se fragmente. Le soleil, l'eau, le frottement le cassent en morceaux de plus en plus petits, jusqu'à des particules invisibles, les microplastiques, qui restent du plastique. Selon l'UICN, les textiles synthétiques sont l'une des premières sources de microplastiques dans les océans, environ un tiers. On les retrouve dans les poissons, et jusque dans nos poumons, où des chercheurs de l'université de Hull ont identifié des fibres de polyester.
Une robe de prière ne devrait pas laisser derrière elle ce qu'on ne peut pas rendre.
Pourquoi ces matières ? Les tissus ont-ils une vibration ? Lire : Le tissu et la vibration